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Christine Vermorel-Delmas

Coach professionnelle en thérapie cognitive et comportementale



Semaine de 4 jours et santé au travail

24 mars 2025

SMS 16 - 14 Mars 2025 - Semaine de 4 jours et santé au travail


Bonjour à tous,

J’espère que vous allez bien.

Même si 64% des français demandent de la flexibilité au niveau du temps de travail,

seulement 5% des entreprises l’’expérimentent la semaine de 4 jours actuellement.

Une étude récente du Crédoc montre que c’est une mesure très populaire auprès des

salariés qui la citent souvent comme rythme idéal de travail.

Le code du travail permet aux entreprises qui le souhaitent, de la mettre en place après la

signature d’un accord collectif.

Dans la fonction publique, la mise en place de la semaine de 4 jours n’est plus à l’ordre du

jour en raison notamment des changements ministériels.

Qu’en est-il de ceux qui la pratiquent déjà ?

On ne peut parler de semaine de 4 jours sans évoquer l’expérience de LDLC en région

lyonnaise : « Nous l’avons tout de suite mise en place pour l’intégralité de nos effectifs

(siège, sites logistiques et magasins en propre). C’était une condition de départ. J’en suis

désormais convaincu : on travaille bien mieux en quatre jours qu’en cinq ! Nos

collaborateurs travaillent 32 heures, avec le sourire et sans s’épuiser. Ce qui m’a le plus

surpris

? Je n’ai pas été obligé d’embaucher de manière systématique, car les gens sont

plus efficaces et moins fatigués. Ils travaillent mieux, en moins de temps, même sur les sites

de production. Le fait de changer de rythme de vie, de prendre le temps de vivre en

dehors du travail, a réduit les absences et amélioré les relations interpersonnelles. Cela a

changé la vie des salariés, et cela s’est ressenti positivement dans l’entreprise. Je regrette

simplement de ne pas l’avoir fait avant

! Non seulement l’équilibre de vie de nos équipes

a bénéficié d’une nette amélioration, mais, en plus, le groupe a gagné en efficacité

».

Laurent de la Clergerie.

Les raisons principales de sa mise en place :

- Le bien-être des salariés

- L’équilibre vie privée-vie professionnelle

- La compétitivité de l’entreprise par le gain de productivité avéré

- L’attractivité de l’entreprise, attirer de nouveaux talents et notamment des jeunes

- La compensation à l’absence de télétravail pour les postes non éligibles (ateliers…)

- La flexibilisation du temps de travail dans certains secteurs d’activité

- La réduction du taux d’absentéisme

- La fidélisation des salariés.

Concrètement :

- 9 fois sur 10 la semaine est compressée, 35 heures sur 4 jours sans compter les pauses

méridiennes notamment, idem pour les forfait-jours

- Rythme de travail inchangé ou intensifié puisque le travail est le même en moins de

temps

- Par exemple pour L’URSSAF de Picardie qui est en phase expérimentale, les volontaires

sont peu nombreux

- Dans certains secteurs cela nécessite beaucoup d’aménagements au niveau logistique

et organisationnel et de l’unification

- Dans la fonction publique, cela peut même devenir un défi en termes de continuité du

service public.

Des idées pour la mise en place de la semaine de 4 jours :

• 1 semaine de 4 jours

• 1 semaine libre sur 5

• 1 semaine longue, 1 semaine courte (pour les chauffeurs routiers par exemple)• 1 week-end de 4 jours toutes les deux semaines

• 1 mois libre sur 5 (chercheurs, programmeurs en informatique etc)

• 1 année sabbatique tous les 5 ans..

Résultats observés de manière générale :

- Gain de productivité et de la rentabilité

- Réduction du stress et de la fatigue

- Meilleur équilibre vie pro/perso, plus de loisirs et sport et meilleur sommeil

- Augmentation de la satisfaction lorsque la flexibilité est accrue et que les salariés

peuvent choisir les jours de travail.

Impact sur la santé :

Pour une étude américaine publiée fin novembre 2022, près de 1 000 salariés américains

ou irlandais ont testé la semaine de 4 jours sans réduction de salaire. Il ressort de cette

étude que 96% des salariés aimeraient continuer à travailler quatre jours par semaine. Ils

sont près d’un tiers à noter une hausse de l’intensité de leur travail avec ce changement.

Les salariés mettent en avant un meilleur sommeil, plus de sport ou encore une diminution

du nombre de burn-out ou de syndrome d’épuisement professionnel.

Cependant, il est important de bien prendre en compte la spécificité française. Selon la

DARES (Direction de l’Animation de la recherches, des études et des statistiques), 47% des

salariés sont en souffrance «

éthique

» au travail. Contrairement à certains pays du nord où

tout le monde termine à 17h, la culture du présentéisme en France est toujours bien

présente. Les français aiment leur travail et aiment faire un travail de qualité. C’est hélas

de moins en moins possible et cela engendre une perte de sens (voir l’écart entre

l’organisation du travail et le réel dont parle très bien Christophe DEJOURS). Si les journées

deviennent encore plus longues et intenses, cela aura indéniablement un impact sur la

santé. Il convient donc de bien anticiper, gérer et cadrer. Avec bien sur une implication

totale du Management.

En conclusion, bien que la semaine de 4 jours présente de nombreux avantages en

termes de bien-être des employés, de productivité et d'attraction des talents, elle pose

également des défis significatifs en termes d'intensification du travail, de continuité du

service et de résistance au changement.

Comme pour tout ce qui concerne la QVT, attention à ne pas tomber dans une

«

grammaire

chiffrée

» qui ne dit rien de ce qu’on engage dans le travail.

C’’est pourquoi, de mon point de vue, il est important comme pour toute conduite du

changement d’être accompagné dans cette démarche :

- Définir l’intention

- Anticiper, aider à se projeter

- Communiquer de manière transparente

- Tester, engager et réajuster si besoin…

Avez-vous déjà tenté l’expérience, qu’en a t’il résulté ?

Je me tiens à votre disposition pour échanger sur le sujet et l’organiser avec vous.

Je vous souhaite un excellent WE.

Pour info, mon dernier article sur Linkedin pour ceux qui ne l’ont pas lu :

Bien à vous,

Christine Vermorel-Delmas 


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